Le serpent qui danse
De temps en temps on me propose des petits projets qui me plaisent bien. C’est le cas de Bouh qui est venu me proposer d’illustrer des vers de Baudelaire : Le serpent qui danse.
Il s’agit ici d’un travail fait en étroite collaboration (même si je l’entends d’ici me dire qu’elle n’a rien fait …), des poses jusqu’à la sélection finale des clichés. Coté set up la petite difficulté est venue du fait que j’aurai bien aimé une douce lumière d’été, en contre jour comme certains travaux que j’ai pu illustrer ici mais … qu’il faisait un gros temps de chien Parisien. Du coup il a fallu ruser avec une grosse boite à lumière à l’arrière de trois quarts et la réflexion d’un angle de murs blancs.
Une fois n’est pas coutume vous voici en compagnie des images …
… et des mots :
Le serpent qui danse
Que j’aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau!
(lire la suite)
Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,
Comme un navire qui s’éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.
Tes yeux où rien ne se révèle
De doux ni d’amer,
Sont deux bijoux froids où se mêlent
L’or avec le fer.
A te voir marcher en cadence,
Belle d’abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d’un bâton.
Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d’enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,
Et ton corps se penche et s’allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l’eau.
Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l’eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,
Je crois boire un vin de bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D’étoiles mon coeur!
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal


























