FAQ #2 : Tests shoots
Parmi les modèles avec qui je travaille, il y a bien souvent des amies ou des connaissances, le bouche à oreille faisant son office. La plupart du temps ces modèles n’ont jamais posé. Difficile alors de savoir ce qu’elles attendent des photos ou leur capacité de création.
Je fais alors ce que j’appelle un test shoot.
Test shoot, séance : quelles différences ?
Pour être plus clair, voici les différences principales entre un test shoot et une séance :
- Je ne mobilise pas ma maquilleuse préférée
- Il n’y a pas de diffusion automatique des clichés : s’il ne ressort rien de la séance ce n’est pas important. Il peut y avoir diffusion si des photos de tests le méritent et s’il y a accord réciproque. Mais cela permet au modèle d’être plus détendu et de ne pas se mettre une pression de « résultat »
- Il n’y a pas de projet défini au départ : le modèle vient avec une garde robe diverse et j’improvise
- Je vais « pousser » au maximum le modèle par des jeux, des expressions excentriques, ou des poses pour l’emmener le plus loin possible (tout en restant dans ses limites fixées au départ, bien entendu)
A quoi ca sert ?
Ces essais sont autant bénéfiques pour le modèle que pour le photographe. En effet pour le modèle cela permet de
- Connaitre le déroulement d’une séance : se rendre compte du travail de conception, des lumières, de la relation modele/photographe
- Apprivoiser l’objectif : apprendre à poser, utiliser son corps, profiter des accessoires
- Connaitre ses propres limites : il y a bien souvent une marge entre ce qu’on pense être capable de (ou vouloir) faire et la réalisation pratique
Et pour le photographe
- D’apprendre à diriger ce modèle : chaque modèle à sa corde sensible qui lui permet de se mettre en situation
- De mieux connaitre physiquement le modèle : une physionomie change beaucoup en fonction des angles de prise de vue, de l’éclairage, de la pose.
- De commencer un processus de réflexion sur des thèmes qui correspondraient plus au modèle
J’ajouterai enfin qu’il y’a deux types de démarches pour un modèle. Soit il est capable de jouer un rôle, de s’approprier une autre personnalité et de devenir autre, auquel cas on est dans un travail de création. Soit il souhaite se retrouver sur les photos, et c’est alors le travail le plus difficile. Un travail photographique devient alors presque psychologique et une forte interaction entre modèle et photographe est alors nécessaire.
Comment ca se passe ?
Voici le déroulement standard d’un test shoot :
- Blabla blabla.
Un test shoot, ca commence toujours par un bon moment de papotage. On fait pas un entretien d’embauche ok mais c’est pas une raison pour ne pas se détendre autour d’un café. En général quand je commence à parler photo, j’ai du mal à m’arrêter du coup ca peut durer un moment. J’explique alors comment ca va se dérouler, pourquoi on est là, ce que c’est d’être modèle et surtout on se met à l’aise. - On commence par une séance de grimaces.
Les choses sérieuses commencent, faut bien passer devant l’objectif à un moment ou à un autre.
Cette première partie est l’occasion de mettre en pratique les tâches du modèle, apprivoiser un peu l’objectif voir comment ca fonctionne une fois qu’on est dedans; mais surtout de se détendre une fois dans le contexte à travers une série d’expressions. - Puis on continue par jouer, le corps en plus.
Tenue casual ou « mode », un travail autour des expressions et du jeu de modèle. Un modèle c’est pas un mannequin, c’est pas là que comme porte vêtement. C’est l’occasion de voir le panel d’expression dont est capable le modèle et pour moi de comprendre ce qui le fait vibrer : quelle est la corde sensible qui va provoquer l’émotion. J’en profite pour donner les petits trucs de pose avec lesquels on passe tout de suite mieux en photo =) - On enchaine sur la lingerie.
Il est temps de voir si le modèle est capable de transmettre à travers le corps et s’il est à l’aise. Pas question de faire du charme mais bien de savoir si le modèle peut évoluer dans cet univers. - Et on finit progressivement sur la nudité.
Il y a deux sortes de nudité, celle qui s’exprime en enlevant un vêtement et celle qui dépasse le corps en le plaçant au rang d’outil. On commence donc par voir si le modèle sait utiliser son corps avec une courte série topless (souvent en jean aidé de ‘béquilles’ qui permettent au modèle de jouer et d’oublier sa nudité).
Puis on finit la séance par une courte séance de nu artistique. Encore une fois l’idée est de savoir si le modèle sait utiliser son corps comme un instrument de création artistique.
Et si je bloque ?
Un test shoot se termine là où le modèle trouve sa limite. Il n’y aucune partie obligatoire. Comme expliqué précédemment un des buts du test shoot est de connaitre les limites du modèle, c’est à dire de savoir quelle est l’étendue de la trousse à outil. Si le modèle est capable de tout faire, parfait. Sinon on s’arrête là où il le désire.
Attention : c’est pas parce qu’un modèle est capable d’aller jusqu’au nu artistique ou de danser sur scene que je lui proposerai forcément ce genre de projets. Certains modèles ayant un large éventail de prestation sont meilleurs dans un certain domaine ; autant que possible j’essaie de m’y coller.